Avançant droit dans le noir, ce noir se nomme mon avenir. Demain, ce dernier sera décidé. Je m'efforce à garder mon sourire, mes amis, mes proches, tant bien que mal. Mon cerveau semble être contre moi, en effet soit il une caméra masochiste pour chacun de nous. Si on n'essaie pas de le combattre, il nous détruira jusqu'à la fin de nos jours. Moi mon cerveau, il me joue des tours. Mon corps et mon cerveau sont deux êtres indépendants. Mon cerveau à lui seul comprend deux. Les hommes du métier appellent ça schizophrénie, moi j'appelle ça ma personnalité. Peu de gens arriveront à saisir le sens propre de ces termes. Si vous appartenez à cette catégorie, continuez de lire ; sinon, messieurs, veuillez vous arrêtez ici même. Au revoir.
J'écoute ma musique. Edith Piaf me donne la chance de voyager assise sur ma chaise. Ceci dit.
Moi, Linda, jeune donzelle de 16 printemps et quelques poussières. Tellement parfaite que mon apparence laisse paraître, tellement sage que mes pensées laissent paraître, tellement bien dans ma peau, je me sens. La nuit, je rêve comme beaucoup. Contrairement à vous, mes rêves à moi sont prémonitoires. C'est mon moment le plus attendu, la nuit. Dans ma chambre, ma lanterne enchantée est allumée. Cette lumière opaque qui règne, cette musique douce et froide, dont on pourrait déceler toute note de musique. J'entends ces notes de musique se jouer à elles même, chacune se joue toute seule, je me sens capable à toucher chacune d'elles. C'est peut être l'effet de la coc qui me rend aussi impuissante et forte à la fois.
Moi, Linda, jeune donzelle de 16 printemps et quelques poussières. Me drogue. Allongée sur mon lit, j'entends des voix, des voix familières, qui me susurrent à l'oreille des faits intimes, ce n'est peut être que mon imagination qui me joue des tours. Je me tourne sur l'autre côté, les voix insistent. J'éteins la lumière aussitôt. Le silence est absolu, la lumière de la lune traverse le cadre transparent et atterrit sur mon corps inanimé. Je tends ma main vers un rayon, ils ne se heurtèrent point. Je me demande. Je me demande beaucoup de choses. Dont ceux, mes souffrances.
Moi, Linda, jeune donzelle de 16 printemps et quelques poussières. Suis schizophrène. Je l'ignore toujours. Le vrai cauchemar de la schizophrénie c'est qu'on ne sait plus qui est réel. Imaginez que vous apprenez tout à coup que les gens, les endroits, les moments les plus importants pour vous soient ni passés, ni morts, mais pire, imaginez, qu'ils n'aient jamais existé. Vous serez vraiment en enfer ... un enfer interminable, que seul votre imagination peut vous en débarrasser. Imaginez vous à ma place ! Ce que moi et moi-même peuvent endurer. Moi et moi-même sont deux personnes ; celle que tout le monde connaît, et celle que je connais, parce que moi aussi je ne connais qu'un seul moi. L'autre apparaît de temps en temps, et je ne sais du tout pas à quoi il ressemble. Ceci me hante et me fait honte. J'ai créé à moi-même cette prison ambulante. Cette dernière se transforma et céda place à ce cauchemar. Seul mon être en est responsable. Pourquoi me blâmer ?
Moi, Linda, jeune donzelle de 16 printemps et quelques poussières. Ignore toujours cela. Faudra-t-il que quelqu'un me l'apprenne. Qui en aura l'audace. Personne, au contraire, ça enchante la totalité. Par sa nature, l'homme éprouve le besoin de s'extérioriser, et non pas le besoin d'aider. Moi par contre j'éprouve le besoin d'aider. « Trop bon, Trop con », je m'arête ici.
Moi, Linda, jeune donzelle de 16 printemps et quelques poussières, à tendance lunatique. Vit une vie féerique.
Vous, minorité écervelée, souffrez de schizophrénie. Allez vous faire soigner !
Chanson écoutée: Edith Piaf, La foule
Humeur: Relax